Archives du mot-clé cinéma

Clito à foison

Divines

Par Alessandra Cencin

Les échos cannois du film Divines de Houda Benyamina sont dithyrambiques. Si aucune bande-annonce n’a pu encore être trouvée sur le Net, d’ores et déjà, cette histoire de Dounia et Maïmouna a la vertu de provoquer dans la presse qui commence à en parler, le recours à un lexique aimé : « Féministe », « explosif », « révolte », « échapper aux assignations », « énergie folle », « humour » et, cerise sur le gâteau, « clitoris ».

Continuer la lecture de Clito à foison 

La honte (bis)

Et suite à la honte des nominations aux Oscars plus blanches que blanches, c’est Joseph Fiennes qui a été choisi pour incarner à l’écran…Michael Jakson!!! Ok, ce chanteur a fini sa vie plus très foncé de peau, mais quand même! Joseph Fiennes avoue avoir été « choqué » par cette proposition mais bon, il l’a acceptée.

JosephFiennesJoseph Fiennes

Question maquillage pour la ressemblance.. faudra pas lésiner!

«Il y a à la fois une ambiguïté désinvolte et une sourde hostilité quand il s’agit de donner aux célébrités non-blanches l’opportunité de percer dans le grand public, et le fait de choisir un homme blanc pour jouer Michael Jackson ne fait que confirmer qu’il y a des réalisateurs déterminés à étouffer la conversation culturelle»( Stereo Williams dans The Daily Beast.)

La honte listée

par Linn Larsdotter

Le 14 janvier 2016, l’Academy of Motion Picture Arts and Science – autoproclamée « the world’s preeminent movie-related organisation » of « the most accomplished men and women working in cinema » – a annoncé la liste des nominé⋅e⋅s dans les catégories des meilleur⋅e actrice et acteur. Les élu⋅e⋅s sont, sans exception, toutes et tous blanches et blancs. Seul représentant d’une minorité ethnique parmi les nominé⋅e⋅s aux Oscars de cette année, Alejandro González Iñárritu (catégorie du meilleur réalisateur). Pour la deuxième année consécutive, aucun africain-américain⋅e est sur la liste des acteurs nominé⋅é⋅s – et même si le réalisateur Spike Lee reçut un Oscar d’honneur en 2015, ce prix est décerné au cours d’une cérémonie séparée (les Governors Awards).

Continuer la lecture de La honte listée 

sunday movie

« Je suis Annemarie Schwarzenbach », un film de Véronique Aubouy, inattendu portrait (ou esquisse ?) de cette écrivaine suisse qui vécut au début du XXe siècle (1908 – 1942).

Le film est une ballade sur le fil du rasoir entre passé et présent, entre récit historique et interprétation libre. Au début, on tente vainement en tant que spectatrice, de discerner ce qui est joué et récité de ce qui ne l’est pas (ou du moins de ce qui ne l’est que dans une moindre mesure). Mais au bout de quelques minutes, entrainée dans la recherche de bribes de vie de cette écrivaine, journaliste et aventurière, on se laisse prendre au jeu. Dans un mélange jouissif entre réel et fiction, la personne d’Annemarie Schwarzenbach se dessine, parfois franchement, parfois nébuleusement. Avec finesse, le film saisit des enjeux complexes liés au récit historique, à son écriture et à sa représentation. A travers les différentEs actrices et acteur qui explorent la vie et les écrits de Schwarzenbach à la lumière de leurs propres expériences, le film questionne les normes socio-culturelles d’hier et d’aujourd’hui en soulignant, notamment, la puissance créative qui peut résulter de ces interrogations.

En somme, un film qui fait du bien au cerveau et aux poumons, tel un bol d’air frais.