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Adrienne Bolland (1895-1975)

AdrienneBolland

Cette femme c’est la classe intégrale!

Pionnière de l’aviation, féministe, résistante, antimilitariste, affranchie de tout dogme et enthousiaste, elle se décrit  toujours à 77 ans comme « déchainée ».

Pour s’enrichir de son incroyable regard sur la vie, ne manquez pas cette interview  de 1972 par un Jaques Chancel quelque peu balargué face à l’énergie vibrante et anti-conformiste de Bolland!

La voix  de cette femme  vibre de modernité, d’humour et de révolte – que c’est beau d’être humain.

Gaspara Stampa!

gasparapar Linn Larsdotter

Nomoslab continue sa série de portraits de personnes qui, en raison de leur non-conformité aux normes, ont été – ou risquent d’être – reléguées aux marges de l’Histoire. A travers la mosaïque de ces portraits s’esquissera une histoire autre, plus inclusive, mais aussi critique envers l’idée d’objectivité de l’historien.ne. Voici une poétesse et chanteuse italienne du 16e siècle :  Gaspara Stampa (1523 ? – 23 avril 1554)

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Romaine Brooks (1874 – 1970)

par Linn Larsdotter

« An attempt to construct a lesbian history, whether it be sociological or art history, involves confronting silence, erasure, misrepresentation, and prejudice – all of which present formidable obstacles to historical research and writing. »  (Cottingham 1996)

Dans un numéro d’Art Journal de 1996, intitulé « We’re Here : Gay and Lesbian Presence in Art », Laura Cottingham, historienne féministe de l’art spécialisée en art féministe, dénonce une histoire de l’art hétérosexiste, trop longtemps écrite par et pour les hommes. Cottingham souligne l’importance d’écrire une histoire (de l’art) depuis les marges, afin de visibiliser celles et ceux qui ont été éclipsé.e.s du récit historique dominant.

Dans l’esprit des revendications de Cottingham – et de nombre de ses collègues – Nomoslab propose une série de portraits de personnes qui, en raison de leur non-conformité aux normes, ont été – ou risquent d’être – reléguées aux marges de l’Histoire. A travers la mosaïque de ces portraits s’esquissera une histoire autre, plus inclusive, mais aussi critique envers l’idée d’objectivité de l’historien.ne. Il s’agit à la fois de faire entendre des récits du passé et de constituer une trace de paroles contemporaines.

First up, la peintre franco-américaine Romaine Brooks, qui fît carrière dans le Paris du début du 20e siècle et de l’entre-deux guerres, notamment en peignant les portraits d’une partie de l’aristocratie et de l’élite intellectuelle européenne de son époque.

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Thérèse Clerc ou l’Art de (bien) vieillir

Par Alessandra Cencin

Toute ma vie j’ai voulu refaire le monde, donc j’aborde la vieillesse en voulant refaire la vieillesse, c’est normal ! (T.Clerc)

Depuis le mardi 16 février, manque une Babayaga à l’appel

Thérèse Clerc (1927-2016) a passé la première partie de sa vie à faire ce que l’on attendait d’elle : sans diplôme obtenu, elle se marie à 20 ans et se charge du foyer, de ses quatre enfants et de son mari. Puis, au fil des années, se dessine son militantisme, au contact de prêtres ouvriers, du marxisme, des luttes pacifiques et anticapitalistes, des réunions du MLF, tout cela en cachette de son mari : « On ne naît pas féministe, il faut parfois des années pour se rendre compte de l’enfermement imposé par les hommes » (T.C). Elle va divorcer en 1969. Sa deuxième vie d’indépendante commence à juste passé quarante ans, engagée dans la cause des femmes, notamment au sein du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC). Elle crée en 2000 la Maison des femmes pour les femmes de tous âges, un lieu ouvert de rencontres, d’échanges, d’information et de formation. En 2013, après de nombreuses années de lutte, elle réussi à ouvrir la Maison des Babayagas – de la figure mythologique slave,  Baba Yaga, une vieille « sorcière mangeuse d’enfants » qui vit seule, un nom mobilisé comme un retournement de l’insulte sur les vieilles femmes différentes, hors sentiers battus. Ce dernier projet réalisé est un lieu de vie pour femmes âgées qui veulent vieillir libres et solidaires : « Il y aura un spa, des ateliers permanents, une université du savoir des vieux… Ce qu’on ne veut plus, c’est la boîte de chocolat et les parties de Scrabble ! » (T.C)

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sunday movie

« Je suis Annemarie Schwarzenbach », un film de Véronique Aubouy, inattendu portrait (ou esquisse ?) de cette écrivaine suisse qui vécut au début du XXe siècle (1908 – 1942).

Le film est une ballade sur le fil du rasoir entre passé et présent, entre récit historique et interprétation libre. Au début, on tente vainement en tant que spectatrice, de discerner ce qui est joué et récité de ce qui ne l’est pas (ou du moins de ce qui ne l’est que dans une moindre mesure). Mais au bout de quelques minutes, entrainée dans la recherche de bribes de vie de cette écrivaine, journaliste et aventurière, on se laisse prendre au jeu. Dans un mélange jouissif entre réel et fiction, la personne d’Annemarie Schwarzenbach se dessine, parfois franchement, parfois nébuleusement. Avec finesse, le film saisit des enjeux complexes liés au récit historique, à son écriture et à sa représentation. A travers les différentEs actrices et acteur qui explorent la vie et les écrits de Schwarzenbach à la lumière de leurs propres expériences, le film questionne les normes socio-culturelles d’hier et d’aujourd’hui en soulignant, notamment, la puissance créative qui peut résulter de ces interrogations.

En somme, un film qui fait du bien au cerveau et aux poumons, tel un bol d’air frais.