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émission // zines // nomoslab!!!

Nomoslab était sur le plateau de Radio-Grenouille, lors du festival de fanzine Rebel-Rebel au Frac Paca de Marseille! L’occasion de cultiver votre zine-savoir! (l’interview de nomoslab commence à 00:32:00… bon, ça s’entend à l’accent de toute façon 😉 )

émission du 23 avril : http://www.radiogrenouille.com/actualites-2/sujets/rebel-rebel-lart-des-fanzines-au-frac-paca/

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Résistances de la pensée

Une émission radio, « Où sont passé les intellectuels de gauche » qui donne l’occasion de découvrir, entre autres, les paroles percutantes du philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie, et d’entendre débattre sur les question de pouvoir, résistances, espace public, engagement, politique de gauche ou de droite.

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Pop-patriarcal-culture?

Par Linn Larsdotter

#Actuelles, web-journal hebdomadaire affilié à France24, rend compte, en une dizaine de minutes par semaine, de « celles qui font l’actualité internationale et de ceux qui font bouger le monde, encore largement dominé par les hommes ». Les reportages manquent de perspective intersectionnelle certes, et les questions que pose la présentatrice V. Herz à ses interviewé.e.s sont un peu trop ‘moues’, enfin bref, disons que c’est pas l’émission-info-féministe la plus croustillante de la planète, mais elle a le mérite tout de même de faire une place à des paroles, des expériences et des faits de femmes à travers le monde.

Dans l’émission du 9 septembre 2015, Herz interview Johanna Luyssen, autrice de Ces 30 féministes que personne n’a vus venir (éd. Contrepoint, 2015), livre décrit, sur le site de l’éditeur, comme « une séance de rattrapage pour ces féministes qui [- méconnus, oubliés, incompris ou méprisés] – sont passés à la trappe ». Notons que la volonté, de Contrepoint, de faire une place à ces féministes « marginalEs » dans l’histoire ne s’accompagne aucunement d’un effort pour faire une place aux femmes dans le langage. – – – Le langage épicène, é-p-i-c-è-n-e, ya know ?

Luyssen, aussi cheffe du service web de libération, assiste à l’émission en tant qu’experte des féministes-qu’on-ne-pensait-jamais-être-féministes, parce que trop sexyes, trop trémoussantes, trop avec des hommes, trop belles, ou parce que mecs tout simplement – oui, non, mais parce que tout le monde sait que les féministes c’est des créatures femelles desséchées, d’une laideur insoutenable et « aux couches désertées » (lire mal-baisées et super seules, Bonnant est en tout cas au courant de ce trait caractéristique… cf. l’article de Cencin du 24.9.15). Prononcez ‘féministe’ et le cerveau de tout.e un.e chacun.e se crée recdi l’image de cette vieille pomme qu’on a laissée pourrir dans le bol de fruits depuis un mois. Mais là, le livre de Luyssen vient, d’après Herz, complètement b-o-u-l-e-v-e-r-s-e-r nos préjugés à tou.te.s, bordel ! Je veux dire, merci merci !, parce que si Herz m’avait posée la question de savoir si Beyoncé a vraiment le droit d’écrire des tribunes sur l’égalité salariale pour ensuite aller se trémousser sur une chaise ?, baah, j’aurais pas su répondre… tellement ça grille mon cerveau ce paradoxe improbable… on peut performer la féminité ET avoir des revendications féministes ?!?!? CRAZY SHIT !

C’est vrai que cette, disons controverse – qui se résume assez bien par l’apparemment inlassable ‘est-ce que Beyoncé est vraiment féministe’ – bah, ce n’est pas si simple que ça et Luyssen s’en sort pas si mal dans l’interview. Comme elle le précise, quand on parle de féminismes, on parle de féminismeS, au pluriel, et il y a des manières différentes de vivre son féminisme. Chacun.e – porteuse et porteur de revendications – se situe dans un contexte socio-culturel particulier.

Beyoncé et Minaj, dont il est question dans l’interview, incarnent un certain agency contemporain – pour sortir un grand mot. Herz demande si, au fond, elles ne sont pas soumises au pop-patriarcat, et Luyssen dit « hell no ! » elles se servent des codes culturels comme d’outils pour s’installer en tant que sujets actifs, revendicatifs de changements. Finalement, ne serait-ce pas ce déplacement imprévu d’objet à sujet qui fait tant couler d’encre, d’haleine et de tapotage-clavier ?

Après, on peut – et doit – mettre en question les normes qui sont (re-)produites par la panoplie-média qui entoure des stars comme Beyoncé ou Minaj. Par exemple, quels corps féminins ont une place dans le massmedia ? Comme une amie me l’a fait remarquer, si Lena Dunham bouscule les normes corporelles dans sa série Girls, et principalement à travers la mise sur l’écran de son propre corps, ce même corps est, en grande partie, caché par une table dans le clip Bad Blood de Taylor Swift – contrairement aux corps de Swift, J. Alba, C. Delevigne, … Just sayin’.

Voici, les vidéos en question plus haut, l’Anaconda de Minaj et le mauvais sang de Swift, avec, en bonus le Flawless de Beyoncé reprenant des extraits d’un discours de la romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie.